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Baudelaire

Petits poèmes en prose - Un hémisphère dans une chevelure

Le texte



Une des parties du corps qui secrètent le plus d’odeurs personnelles et uniques est le cuir chevelu. Ce sont les fragrances enivrantes dont parlent les poètes. Baudelaire fut l’un d’eux, probablement le plus exalté dans son lyrisme. Pour l’auteur des fleurs du mal, la chevelure devient le véhicule qui transporte en Orient, dans le rêve et l’immensité des choses rêvées. La chevelure est le voyage. Son modèle était Jeanne Duval, la négresse aimée, la muse du poète. Baudelaire voit dans la chevelure féminine le port final, le but d’élection, le liquide primordial d’où naîtra le fleuve en crue de l’orgasme.
Les mots avec lesquels il l’a chanté varient jusque dans leur forme ; il l’a fait de manière exemplaire en vers (la chevelure, spleen et idéal) et également dans une prose admirable. Dans les deux cas, les odeurs de la chevelure acquièrent un tel relief qu’on arrive à la conviction que Baudelaire ne fait pas l’amour avec les femmes, mais qu’il les " respire ".

Dans ce poème en prose, l’auteur a utilisé plusieurs procédés afin de mieux illustrer le sens de ses écrits. Ainsi, il a utilisé quelques figures de style telles que la comparaison, l’hyperbole, la métaphore. Par « y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l’eau de source », Baudelaire a voulu dire qu’il voulait s’enivrer des cheveux de la demoiselle avec « appétit », comme s’il en avait besoin pour vivre. Il a utilisé le même type de figure une deuxième fois avec « les ajouter (...) comme un mouchoir odorant » pour présenter l’image qu’il a de ses cheveux : doux, légers, rehaussés d’un parfum. Il a utilisé aussi l’accumulation au deuxième paragraphe : « Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! tout ce que je sens ! tout ce que j’entends dans tes cheveux ! » Ainsi, il a tenté de créer une gradation avec ses sentiments et de prouver que cet amour et ce désir pour la demoiselle mettent en jeu tous ses sens (vue, odorat, ouïe, etc.) Le verbe « mange », utilisé à la dernière ligne du poème en prose, ont une connotation de rappel, de souvenir. Ainsi, l’auteur a voulu exprimer le fait que ses cheveux, par leur odeur et leur allure, lui rappellent toutes sortes de souvenirs. C’est aussi le thème principal du texte.


Trouvé sur :
http://www.biblioweb.org/