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Baudelaire

Petits poèmes en prose - Le Fou et la vénus

Le texte


Le poème "Le Fou et la Vénus" se répartit autour d’un lien logique central : " Cependant ", qui souligne l’opposition entre la magnificence de la nature et le désespoir et la solitude du bouffon ; mais aussi entre la vision d’ensemble et détaillée centrée sur deux personnages : le bouffon et la Vénus dans le rayonnement d’une somptueuse journée d’été. La description de la nature montre qu’il s’agit d’un monde idéal. La première phrase traduit l’admiration du narrateur devant le spectacle qui s’offre à lui. La suite du texte est le developpement de ce mot "admirable". La nature est belle ,elle est a la fois tres grande "vaste" est associée a la chaleur. La comparaison avec l’amour et la jeunesse traduit le bonheur qui emane de ce spectacle. Le plaisir est associé au néant les jets d’eau eux meme sont immobiles. La différence entre le monde de la nature et celui des humains est que le silence est relié à la fête. La nature est vu a travers sa lumiere croissante, des couleurs eclatantes et des parfums tellement forts qui en deviennent visibles.
Aux pieds d’une statue immense, un bouffon. Le rappel de ses fonctions : faire rire. Son aspect ridicule est montré par le costume plein de couleurs.Sa fonction est de distraire les Remords et l’Ennui des puissants. Sa position est paradoxale car il ne joue pas son rôle puisqu"il est triste ("larmes"). Il est dans une position inferieure, recroquevillé aux pieds de sa statue.Le poète déchiffre et explicite le sens de ses larmes. Son infeririorité est traduite par un discours aux termes pejoratifs. Le bouffon est une representation de l’artiste qui a pour fonction lui aussi de distraire les Hommes. L’attitude de la déesse est une évocation de la beauté et les qualificatifs soulignent ces caractéristiques. Elle est a la fois éternelle et sensible. Le drame du bouffon est donc de ne pas émouvoir cette statue.

I/ Une double définition du BEAU :
=> La Nature VIVANTE, ENCHANTERESSE
=> La STATUE
A/ Les caractéristiques de la nature
- Utilisation d’un langage de l’amour.
Description qui personnifie la nature (se pâme-extase des choses-endormies,excitées...désir... rivaliser)
En même temps donc une définition en action du beau et de l’amour
=> Avec des mouvements contradictoires :
force, énergie passionnelle
calme, volupté, harmonie paisible
aboutissant à un équilibre difficile à atteindre résumée
=> IMPRESSION D’ENSEMBLE : oxymore orgie silencieuse
La sensualité = luminosité, brûlure, extase, mais calme, silence et sommeil

B/ Lieu symbolique, représentant l’ensemble de la création
le parc, les eaux, les objets, les fleurs, l’azur du ciel
(Remarquer l’absence de l’homme, nature pure, mais tout de même humanisée, cultivée, urbaine)
- Beauté en mouvement
=> GRADATION NETTE : toujours croissante - de plus en plus - brûlent du désir de rivaliser -rendant...les fait monter)
- Beauté dans l’unité des sensations (rendant visibles les parfums = synesthésie)
=> IMPRESSION D’ENSEMBLE : jouissance universelle
La JONCTION : mouvement ascensionnel des parfums, des fumées vers l’AZUR, vers l’ASTRE
Ce mouvement symbolise l’atteinte de l’IDEAL.

CONCLUSION PARTIELLE :

Profusion, richesse, mais équilibre, harmonie (caractéristiques de la beauté de la nature, de la plénitude de l’amour.)

La STATUE :
Si la première représentation de la beauté est MOUVEMENT, la seconde est FIXITE ==> altière, noble, déifiée, immortelle, éternelle :
colossale Venus, piédestal, immortelle Déesse, immortelle Beauté, Déesse, MARBRE
Transition : le contraste comme rupture
=> difficulté d’exprimer cet enchantement, cette puissance magique de la nature, son langage sensoriel.
nature enchanteresse (jouissance universelle) <=> un être affligé
NOTER LE CHIASME qui oppose universelle à un être, jouissance à affligé



II/ Un drame de la communication et de l’expression
==> difficulté d’atteindre idéal et beauté alors que ce rôle, cette fonction est clairement définie par le discours muet des yeux " CEPENDANT je suis fait moi aussi pour comprendre et sentir l’immortelle Beauté"
DEUX ROLES : sentir puis comprendre, c’est-à-dire percer la sensation (=> SURNATURALISME)
CONTRASTE
=> du mouvement des yeux : lève les yeux <=> regarde au loin, yeux de marbre
DESIR <=>FROIDEUR, INDIFFERENCE,INACCESSIBLE
=> des attitudes :
aux pieds (vénération et impuissance),
tout ramassé <==> colossale, piédestal

a) le thème du bouffon : la condition ridicule du poète (cf l’Albatros)
Pourquoi le bouffon ?pour le ridicule uniquement ? mais aussi parce que le FOU se permet de dire ce que les autres taisent, dissimulent ! parce qu’il est chargé d’une fonction SOCIALE et MYTHIQUE : vaincre le Remords, l’Ennui des autres
(thème du clown triste) (cf Le Vieux Saltimbanque)

b) Deux attitudes caractéristiques
aussi de la poésie :
- lyrisme douloureux : "ayez pitié de ma tristesse" (le plus solitaire des humains, privé d’amour et d’amitié)
"délire" (tentative pour atteindre le sens profond par un déréglement des sens, du verbe, de la forme ...)


III/ PROSE ET POESIE : La forme allégorique
a) Tonalités multiples du poème ==>
à la fois prose et poésie.
=> Epanchement d’un état d’âme dans les exclamations => lyrisme presque impersonnel (aucune occurrence d’un Je, seulement l’exclamation initiale)
=> Récit d’une anecdote personnelle ? Présence de la première personne dans "j’ai aperçu"
(cf d’autres poèmes du Spleen de Paris, Le Joujou du pauvre, Les Veuves...)

b) Comment expliquer la fréquence de l’allégorie dans le recueil ?
Baudelaire a écrit dans Le Cygne (Tableaux parisiens-Fleurs du mal) "Tout pour moi devient allégorie"
L’allégorie est à la fois : PROSE par son aspect concret, descriptif et narratif (rencontre, aventure ...) POESIE par son aspect abstrait, son sens symbolique, l’interprétation du monde.

c) Le THEME de la RENCONTRE : les doubles du promeneur-poète
- utilisation du style direct permet l’ambiguïté, confusion des deux JE
confusion accentuée par la dernière strophe : regarde au loin JE NE SAIS QUOI).
(CF LES FOULES) :"Il adopte comme sienne toutes les professions, toutes les joies et toutes les misères que la CIRCONSTANCE lui présente.


CONCLUSION
L’allégorie touche en fait à l’autobiographie, à la condition de l’homme, de l’artiste en général => Fusion de deux drames intérieurs
FOU face à la Vénus = incarnation
du Poète face à la Beauté, à l’ART
de l’Homme face à la Femme, à l’AMOUR
=> ridicule, impuissance pathétique et tragique
=> fonction du poète apparaît plutôt dans le poème comme la tentative d’expression de l’échec.


Trouvé sur :
http://www.biblioweb.org/