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Le texte
Deux voix interpellent le poète. La première est celle des plaisirs terrestres et de la facilité ("la terre est un gâteau plein de douceur..."). Quant à la deuxième voix, c’est celle de la vie spirituelle, du rêve et de l’évasion ("Oh ! viens voyager dans les rêves", "Au-delà du possible, au -delà du connu !").
Il a répondu à la deuxième voix. Cette voix l’a attiré par sa douceur ("Et celle-là chantait comme le vent des grèves"), par son caractère mystérieux ("Fantôme"... "On ne sait d’où venu") et par son caractère ambivalent (=double) ("Fantôme vagissant","qui caresse l’oreille et cependant l’effraie").
Ce choix met le poète devant une situation caractérisée par sa complexité. Il lui fait éprouver des sentiments ambigus et contradictoires : plaisir et désagrément, amertume et jouissance, effroi et regret. Ce chois le rend, en effet, heureux ("extatique ", "j’aime si tendrement", "je ris dans les deuils"), mais en même temps le condamne à la souffrance ("ma plaie et ma fatalité", "victime"), au malheur ("Je traîne des serpents qui mordent mes souliers"), " je pleure dans les fêtes") et à l’inadaptation (" les yeux au ciel, je tombe dans les trous")
Plusieurs procédés d’écriture mettent en valeur l’intensité de cette expérience qui se caractérise par l’ambivalence et la complexité. Citons les procédés suivants :
a. L’opposition de deux champs lexicaux, celui de la douleur ("plaie", "fatalité", "abîme", "victime", "pleurer",) et celui du plaisir ("caresse", "extatique", "j’aime", "tendrement") . L’intensité se lit en particulier à travers des mots au sens fort comme "fatalité", "abime" et "extatique". b) L’alliance de ces mots : "extatique, victime" .
c) Le parallélisme : "Je ris dans les deuils et pleure dans les fêtes".
d) La fréquence d’images frappantes et expressives (métaphore du vers 20 et comparaison du vers 21).
e) L’usage particulier que le poète fait de la forme exclamative (vers 10 -14 et 28) et du rejet (vers 16) qui donnent toute sa force à l’expressivité du poème .
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