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Baudelaire

Les Fleurs du mal - Chant d'automne

Le texte


Explication

Poème empreint du souvenir de Marie Daubrun, " Chant d’automne " est une composition bipartite. La première partie, composée de quatre quatrains, en alexandrins classiques, est certainement la plus mélancolique des deux. Le thème de l’automne est, en effet, présenté comme annonciateur de désespoir et de mort.

I. Une saison d’enfer

A. Une prophétie lugubre
On peut considérer la première strophe comme composée de trois phrases. Malgré le fait que Baudelaire énonce une vérité peu originale, les mots avec lesquels il s’exprime permettent de comprendre que sa vision des choses est celle d’un homme qui souffre. Le verbe " plonger ", dans la première phrase, indique l’expression d’une chute . L’allusion aux " ténèbres ", donne une image obscure de sa chute. L’ouverture du poème par l’adverbe de temps " bientôt ", l’emploi du verbe " plonger " à la première personne du pluriel, avec la valeur catégorique du futur, l’antéposition de l’épithète " froides " donnent à cette ouverture l’allure d’une prédiction sombre renforcée par la tonalité funèbre de l’allitération en [r] de ce vers.
La deuxième phrase, qui s’ouvre par l’interjection " Adieu ", marque le regret lié à la perte de l’été et fait antithèse avec les propos de la première phrase. Ce regret est rendu presque tragique par son expression à la modalité exclamative. Le changement de personne, dans la troisième phrase, marque l’implication du poète. Confidence d’une sensation sonore, " j’entends ", absolument pas exagérée quant à la proportion du bruit bien que son interprétation soit subjective. L’adjectif " funèbres ", qui rime avec " ténèbres ", fait comme un écho au climat lugubre instauré par ce substantif.

B. Un mauvais pressentiment

L’adverbe de temps " déjà " marque le pessimisme du poète. Il redoute, à travers l’hiver, le spectre de la mort. Baudelaire craint tous les drames qu’il peut vivre en hiver. Application de la théorie des correspondances. La deuxième strophe, bien qu’étant une phrase, se compose de deux parties : les deux premiers vers constituent la première partie et forment une énumération, les deux derniers, une comparaison. Les deux premiers vers sont l’évocation anticipée de ce qui va faire souffrir le poète. Ouverture par une périphrase temporelle à valeur de futur proche, avec, de nouveau, la valeur catégorique du futur. La prévision est donnée pour sûre. Le préfixe " r ", dans " rentrer ", indique la duplication. Baudelaire sait par expérience ce que l’hiver produit de néfaste sur lui. Il exprime ses maléfices : la paralysie des forces de la vie (" soleil ", " coeur "). Vers 7, le soleil représente le coeur de Baudelaire. Sa glaciation signifie l’astreinte du poète à l’inertie.

II. Le chant du bourreau

A. La mort en marche

La phrase d’ouverture de la troisième strophe offre comme un écho aux vers 3 et 4 de la première strophe. On retrouve de nouveau un verbe lié à la perception auditive, écouter. Il marque un changement d’attitude. La sensation, tout d’abord subie, semble se muer en un acte volontaire. Cette sensation auditive procède à nouveau du motif du bois qui tombe. Baudelaire livre une interprétation métaphorique et macabre de l’automne et de l’hiver, due à son imagination ou à sa maladie. En une sorte de construction mentale, peu à peu, le bois du v. 4 et les bûches du v. 9 prennent la forme d’un échafaud. Le champ lexical de la mort se poursuit dans une comparaison à caractère gothique, avec le verbe succomber.

B. Un étrange spectacle
La quatrième strophe file la métaphore et continue l’impression qu’a le poète d’une procession macabre. On remarque l’apparition de l’adjectif monotone qui est un leitmotiv du thème de l’automne en poésie, de sa signification mais aussi par sa ressemblance phonique. L’idée de mort est assurée, dans la quatrième strophe, par l’image du cercueil. Le poète semble spectateur mais la modalité interrogative quant à la destination du cercueil induit une crainte personnelle.

" Chant d’automne " est un poème très caractéristique de l’esthétique de Baudelaire. Il exprime, entre autres, la violence de ce tourment qu’est le spleen, cette langueur maladive qui s’accorde pour le meilleur et pour le pire avec l’automne.

Etude linéaire

Au premier mot, on apprend que quelque chose va arriver.

Nous plongerons : le poète attire l’attention du lecteur.

La première strophe avec ses mots ténèbres, Adieu, et chocs funèbres laissent penser à la mort.

vers 4 : ce vers montre une image du bois que nous utilisons pour le chauffage, une image qui représente l’hiver.

A la 2ème strophe, le saut soudain, le passage de l’automne à l’hiver est très rapide, et inattendu.

vers 5-6 : enjambement.

Ces mots représentent l’humeur caricaturée de l’hiver, la vision de cette saison où il fait froid et mauvais (ex. : haine - peur de la maladie, ou horreur - la mort...).

Labeur dur et forcé : On a l’impression de travailler plus et quand on finit il fait nuit, il faut gagner assez pour se payer le bois...

enfer polaire : oxymore ; le soleil est chaud, lumineux mais l’hiver, bien que toujours là, la chaleur et la lumière n’atteint plus les hommes, arrêtée, enfermée par le froid.

vers 8 est la première allusion à l’amour.

Vers9 : chaque bûche qui disparaît dans le feu, c’est de l’argent qui part, de la chaleur en moins.

Vers 10 : métaphore au vers 9 qui compare la mort d’une pendaison, le bruit du claquement de la tête et de la corde quand elle se tend est pour le poète le même bruit de la bûche qui tombe pour brûler. C’est dû à l’importance que prend un morceau de bois ; il est non seulement la chaleur, mais la vie.

Les vers 11 et 12 sont une autre métaphore de l’esprit de Baudelaire qui dit ressembler à une tour (forme de l’homme) qu’on abat avec des coups (coups durs de l’hiver ; peuvent être moraux, financiers,...).

Cette métaphore continue à la strophe suivante ; le choc devient , monotone, trop habituel, sans oublier la mort si présente (cercueil).

Durant ces dernières strophes, on se croyait en hiver, mais ce n’est que l’automne : montre combien le temps est long, avec le souvenir de l’été et l’appréhension de l’hiver.

La deuxième partie nous semble incohérente au départ, avec le mot J’aime, douce beauté... mais le mot mais et amer établi la relation avec la première partie du poème.

ni le boudoir, ni l’âtre, : Métonymie.

Vers 19 et 20 : Baudelaire remet les pieds sur terre et laisse le spleen s’installer à la place de l’Idéal, perdu dans son malheur et cherchant quelque réconfort que la femme ne peut lui donner, car il a besoin de cette chaleur de la nature ; le soleil, donc l’été.

Vers 22 : Appel au secours, de besoin d’aide.

Mère : besoin d’amour maternel, besoin d’affection et protection.

Amante : Besoin de passion, de plaisir.

soeur : complicité.

Ephémère : Besoin d’un moment qui casse la monotonie.

Ce dernier quatrain, plein d’exclamation est comme une révolte, et un dernier espoir vers le beau temps.

La tombe attend... : A nouveau la mort, proche tout au long du poème.

Les 3 derniers vers sont encore une recherche désespérée vers la femme puis le beau temps (...rayon jaune et doux...).


Trouvé sur :
http://www.biblioweb.org