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Le texte
"Enivrez-vous" est un sujet commun dans les oeuvres de Baudelaire. Bien qu’il y ait plusieurs autres poètes qui traitent ce même sujet, Baudelaire a une obsession particulière de drogues et d’alcool qui surpasse celles des autres poètes.
Le point de vue de Baudelaire concernant le vin est mentionné au tout début du poème. Le vin peut être bu sous diverses occasions, tout dépendamment de l’humeur des gens, en stimulant et en cédant à presque tous les tempéraments. Les buveurs d’alcool soient heureux, soient mélancoliques recherchent leurs souvenirs ou leurs oublis dans le vin. Dans Le Poison l’âme se trouve "sans remords" les obstacles sont plongés dans l’oubli et on se trouve dans un état où rien peut nous arrêter.
Il y a deux métaphores décrivant la parallèle entre l’inspiration brillante et imprécise du vin, et celle de la poésie. La juxtaposition de "or" avec "vapeur rouge", "soleil" avec "ciel nébuleux" suggère la dualité d’une vision enivrée : la confusion et l’inhabilité de penser clairement. L’emphase mise à la fin de chaque vers sur « vapeur » et « nébuleux » rendent le message du poème embrumé comme les pensés d’un buveur de vin.
En analysant les vers nous pouvons voir que Baudelaire essaye d’équilibrer ce poème en alternant vers courts et vers longs et vers pairs et vers impairs. Ce style inhabituel provoque un emmêlement dans le poème. Surtout, le fait que chaque strophe forme une seule phrase complexe signifie qu’une fois que le lecteur a commencé à le lire, il ne peut plus arrêter.
En passant du vin à l’opium dans la deuxième strophe, le poète élève le taux d’intoxication. Il semble que le vin soit remplacé par une drogue plus puissante, l’opium. L’efficacité des verbes est exagérée par le fait qu’ils commencent tous par la même lettre, "Agrandit... Allonge... Approfondit...". Ces verbes, ensuite, entrelacent avec des adjectifs importants aidant le lecteur à comprendre ce que Baudelaire essaye d’exprimer dans le poème, "miraculeux...fabuleux...nébuleux... ". L’image que le lecteur obtient dans cette deuxième strophe est celle de clarté. La première strophe était embrumée par "vapeur rouge" et "ciel nébuleux ". Le vocabulaire montre les polarités en progrès dans le poème. Par exemple, "allonge... Approfondit" et "creuse... plaisirs noirs ".
La transition au milieu du poème est son seuil principal, comme si on passait dans une autre densité d’infini. Ce n’est plus l’implicite "âme du vin" ou l’impersonnel "l’âme", mais "mon âme", maintenant situé dans le vers au milieu de ces deux strophes.
La deuxième partie du poème, en allant au-delà des limites, examine plus profondément le sérieux de l’existence. Au lieu d’exprimer les révélations externes, les images deviennent l’intérêt principal. Tandis que "le vin" et "l’opium" sont les thèmes des deux premières strophes, ce n’est pas le cas des deux dernières strophes. Les répétitions et les rimes rendent aussi cette strophe très intéressante. Par exemple, la répétition du "m" ("mon âme tremble") et la répétition de "De tes yeux... De ta salive" et "mon âme... mon âme" permet de garder le lecteur captivé par le poème.
Dans la troisième strophe, la femme et l’eau, sans doute, se mêlent ensemble. Encore une fois, "De tes yeux, de tes yeux verts" montre le pouvoir de la répétition dans ce poème. C’est comme s’il y avait deux personnes entrelacées dans leurs états d’ivresse. Puis, dans la dernière strophe Baudelaire n’est plus contrôlé par les femmes mais plutôt par ses propres pensées. Comme il compare les effets du vin, de l’opium et des femmes il semble donner aux femmes le même effet nocif que l’opium, mais à un niveau encore plus élevé.
Le "Cher poison" est non seulement la vie, mais aussi la mort de son coeur. Le poison provoque des rêves merveilleux du paradis artificiel, et nous rappelle des souvenirs de jours plus heureux. Cependant c’est la mort de son esprit, son physique et sa mentalité.
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