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Le texte
Un poème adressé à Jeanne Duval, "la Vénus noire", la maîtresse qui inspirait à Baudelaire amour et haine du fait de son caractère volage. Un sonnet écrit en 1847 au début de leur liaison et qui se situe dans le passage de Spleen et idéal dominé par le thème de la femme sensuelle.
INTRODUCTION
Une confidence à la femme aimée qui rappelle Ronsard ( même inspiration, même forme, même lexique ) mais l'objectif est différent. Poème mélodramatique.
Evocation sinistre.
Un souhait,:que la femme infidèle soit condamnée au remords éternel.
a) Une vision :anticipation et objet de la vision.
b) La représentation de la mort , une première punition.
c) la vraie punition .
a)Une longue phrase de 13 vers qui montre la femme dans le tombeau . Un enchaînement de temporelles (lorsque...Et lorsque...Quand...Durant..) qui impose la vision funeste.Les verbes sont au futur de l'indicatif , futur de certitude. Le sujet principal (vers 9) est séparé du verbe principal (vers 12) par deux propositions incises . La phrase s'achève sur un discours :projection d'une prosopopée sur le mode de la certitude:"Te dira"
Une vision d' avenir funeste qui découle d'une vie présente dissolue
L'objet de la vision: une représentation physique de la femme désignée par les nombreuses occurrences de la 2ème personne
Reprises en parallélisme : " Lorsque tu ..." X2
ta poitrine / ton coeur
Et tes flancs/et tes pieds..."
Volonté donc de présenter une vision complète , avec toutes ses nuances.
Vision dont le caractère dramatique est proposé en crescendo :
de "tu dormiras" (vers 1) un euphémisme,la mort est évoquée sous forme de repos , associé à l'idée de beauté majestueuse, de richesse ("monument...marbre").L'endormissement, générateur de paix;
à l'image finale (v.14) , image réaliste et répugnante de la décomposition du corps.
Donc la femme est d'abord montrée à travers un rappel de ses charmes physiques.
Nombreuses références anatomiques du 2ème quatrain. " ta poitrine peureuse" évoque la grâce fragile du buste féminin, sa souplesse ("assouplit"). référence au corps sensuel : "les flancs". L'adjectif "charmant" rappelle l'attendrissement et l'attrait que l'insouciance de la jeune femme génère. Mais c'est aussi l'image d'une femme infidèle (v.7 et 8) les deux infinitifs "battre...vouloir" est un rappel d'une vie amoureuse jamais satisfaite. Une femme qui ne se fixe jamais : "course aventureuse".
Le charme étrange qui la définit au vers 1("belle ténébreuse") suggère le mystère mais il s'agit déjà d'un reproche et l'adjectif possessif est faussement affectueux, en fait le terme "ténébreuse" s'accorde parfaitement à la couleur sombre de la mort.
b) La représentation de la mort , une première punition.
Thème grave souligné par le rythme ample (enjambements vers 3/4- 5/6) et régulier (hémistiches du vers 1) La mort est enfouissement "Au fond de", écrasement "monument" (= poids de l'édifice), étouffement "opprimant" et rétrécissement "ne...que"
Représentation avan tout concrète, matérielle avec la référence au "marbre noir" qui s'accorde à la "belle ténébreuse": beauté majestueuse ("monument") mais froide ("marbre").
Les vers 3/4 présentent l'atroce réalité par l'intermédiaire d'un chiasme :" l'alcôve" = "la fosse", le "manoir"="le caveau". Abandon et solitude marqués également par les adjectifs.
Les sonorités dures (K et dentales ) procurent un effet désagréable , de martèlement.
La pierre tombale est donc la première punition: elle agit, elle pèse sur une infidèle (et non sur un corps inerte). La mort est un supplice et non un aboutissement: c'est une entrave à la vie imposé par un bourreau, une personnification amené par étapes ( un monument= la pierre= le tombeau personnifié), car la punition est avant tout morale
La vraie punition explicite le titre. Le tombeau est le complice : l'explication est donnée en incise ((vers 10), le tombeau ouvre sur l'infini , il peut donc comprendre le poète avide d'infini, passionné d'idéal "Mon rêve infini" fait écho à "ma belle ténébreuse" = ce que possède le poète mais la première possession = la perfection , la deuxième = l'imperfection (vers12). Le vers 11 rappelle l'idée avancée dans les quatrains: la mort est bien un bannissement. L'adjectif "grande" est banal mais suffisamment expressif pour faire naître l'angoisse , une angoisse bien connue (cf. le démonstratif "ce").
Prosopopée au style grandiloquent , langage soutenu, plein de solennité, des périphrases, celle du vers 13 qui énonce la faute peut paraître énigmatique : ce que n'a pas connu la "courtisane" c'est la vie heureuse des amants fidèles, elle ne connaîtra pas cette nostalgie posthume . Au regret se substitue le "remords": douleur morale causée par la mauvaise conscience.
Le dernier vers ( la 2ème phrase du sonnet, brièveté d'une chute) se détache (alinéa). Il associe de façon condensée, l'horreur physique et l'horreur morale, comparaison qui permet d'associer concret et abstrait.
CONCLUSION
Inspiration : la pléiade et le romantisme . Une poésie vengeresse. La femme peut faire naître des images d'amour( l'idéal de "Parfum exotique") mais aussi de haine et d'angoisse.
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