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Le texte
Le titre = Une allégorie du Temps (v.12), "l'obscur Ennemi"(v.13) le temps qui détruit
Un poème qui repose sur une métaphore filée .Elle est développée à travers une succession d'images qui associe la vie du poète à un jardin dévasté. Les trois premières strophes proposent dans un déroulement chronologique les épisodes d'une vie associée au temps et à ses variations. La quatrième présente de façon plus universelle ( du"je" au "nous") un constat pessimiste sur le thème de la fuite du temps.
Une triple métaphore filée
A) L'espace du jardin symbolise l'état d'esprit du poète.
B) Le sonnet assimile les étapes de la vie aux saisons.
C) L'espace du jardin est aussi l'image de l'inspiration poétique
A) Le poète se souvient de sa jeunesse . L'orage traduit la violence des passions selon un schéma très romantique. Poésie lyrique: le constat initial est une plainte . L'épithète "ténébreux" dramatise cette mise en scène d'une époque révolue (passé composé du vers 5). Les contrastes (évocation hyperbolique de l'ombre et de la la lumière, vers 1/2) mettent l'accent sur les forces cosmiques et le déchaînement de la nature dont l'intensif ("tel") marque le degré de destruction. Cette idée de jardin "ravagé" est reprise et développée dans la phrase du deuxième quatrain. La comparaison hyperbolique du vers 8 assimile le jardin à un cimetière : mouvement vers le bas et la fermeture à l'opposé de l'amplification céleste du vers 2. Les termes prosaïques ("pelle et râteau")amène l'idée d'une nécessaire reconstruction , évoquée dans le premier tercet : renouvellement ("nouvelles") d'un sol stérile car usé par l'érosion du temps (image en filigrane du flux et du reflux de la mer).
B)Le thème de la fuite du temps transparaît à travers l'évocation des trois moment de l' existence : la jeunesse = l'été ,
la maturité = l'automne,
l'avenir inquiétant (futur du vers 10), un hypothétique (conditionnel du vers 11) nouveau printemps (vers 9) mais aussi la perspective du néant
La jeunesse est marquée par les contrastes, l'alternance entre l'idéal et le spleen . La négation restrictive (v. 1) , l'adverbe de lieu (v. 2) et l'adverbe (v.3) de valeur négative soulignent cependant la disproportion .
Le deuxième quatrain s'ouvre sur un présentatif qui amène un développement syntaxique en deux étapes dont la lourdeur ("que...et que") convient à l'évocation dramatique d'une fin de vie. C'est la matérialisation des désastres du temps.
Au mode déclaratif , celui du constat, succède le mode interrogatif. La conjonction initiale (v.9) semble amener un nouvel élan démenti par les exclamations "douloureuses" du deuxième tercet.Le redoublement de la plainte en montre la profondeur.
Le Temps personnifié, allégorie du monstre dont la malignité est notée par l'épithète du vers 13, est présenté comme un vampire à l'action doublement destructrice (extérieure et intérieure, jeu sur l'abstrait et le concret).Le poème s'achève donc sur une
référence mythologique génératrice d'angoisse
C) Cette confidence est aussi celle d'un poète créateur qui ressent la menace que fait peser le temps sur un difficile travail de création.
L'expression employée au vers 8 " l'automne des idées" suggère alors l'idée d'un dépérissement intellectuel. Le regard extérieur porté sur le passé est un regard désabusé sur une oeuvre produite par un esprit tourmenté et aujourd'hui insatisfait d'autant qu'il est menacé par la perte d'inspiration ("sol lavé comme une grève").
Les nombreuses images pessimistes sont celles de l'appauvrissement intellectuel et de la perspective d'une mort intellectuelle.
Dans cet ordre d'idées, les"fleurs nouvelles" du vers 9 peuvent désigner les poèmes du recueil lui-même : une entreprise nouvelle, celle du poète visionnaire à l'inspiration "mystique" (vers 11)
Conclusion
Richesse des images qui proposent plusieurs niveaux de lecture. Un sonnet qui illustre le spleen , l'angoisse existentielle en même temps que le besoin d'absolu . Mais un poème qui permet d'exorciser ce malaise en l'exprimant
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