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Apollinaire

Alcools - LE BRASIER

J'ai jeté dans le noble feu
Que je transporte et que j'adore
De vives mains et même feu
Ce Passé ces têtes de morts
Flamme je fais ce que tu veux

Le galop soudain des étoiles
N'étant que ce qui deviendra
Se mêle au hennissement mâle
Des centaures dans leurs haras
Et des grand'plaintes végétales

Où sont ces têtes que j'avais
Où est le Dieu de ma jeunesse
L'amour est devenu mauvais
Qu'au brasier les flammes renaissent
Mon âme au soleil se dévêt

Dans la plaine ont poussé des flammmes
Nos coeurs pendent aux citronniers
Les têtes coupées qui m'acclament
Et les astres qui ont saigné
Ne sont que des têtes de femmes

Le fleuve épinglé sur la ville
T'y fixe comme un vêtement
Partant à l'amphion docile
Tu subis tous les tons charmants
Qui rendent les pierres agiles.Le pouvoir du feu va permettre la renaissance du poète.
Il est possible de voir dans le feu évoqué par le poète une entité polymorphe puisque le feu peut être très concrètement celui du brasier mais il est aussi souvent symbole du sentiment amoureux. La fusion de ces deux images peut donc nous faire penser au mythe du Phénix car l’amour s’autodétruit pour ensuite renaître.